Si j’étais une fille


Si j’étais une fille
j’embrasserais tous les crapauds du monde
pour trouver mon prince charmant.
Celui des contes de fées, pas le vrai,
qui est capable de cumuler l’argent et pas d’aimer,
qui sait multiplier les sous mais pas l’amour.

Si j’étais une fille je chercherais les crapauds quand ils font l’amour,
lorsque le printemps éclôt,
lorsque les mares sont plus grosses et se forment plein d’alcoves improvisées.
Leurs amours seraient contagieux
et il serait facile de tous les trouver et fort les embrasser,
mais sans les déranger ni les effrayer.

Si j’étais une fille
je saurais que les crapauds ne sont pas laids.
Que seules les sorcières les détestent
et les gens bêtes qui leur marchent dessus sans même regarder.
Je saurais qu’être tout bas près du sol n’est pas une malchance
mais vrai amour pour la terre et pour l’eau qui la rend vivante et pure.

Mais je ne suis pas une fille
et je ne peux pas embrasser les crapauds.
Mais je les aime quand même.
Car ils rendent le monde riche, beau et varié,
il me font sourire avec leur lent trébucher,
et ils me rappellent que celui qui est tout en bas ne compte pas toujours peu.

(Photos de F. Moglia)

 

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